Cris et chuchotements suivi de Persona et Le Lien

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Gallimard, Folio, 240 p., 1994

Translated from the swedish by Catherine de Seynes and Jacques Robnard
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Il n’est pas nécessaire d’avoir vu les films de Bergman pour prendre plaisir à la lecture de ces scénarios dont l’histoire se déroule comme une «simple ligne mélodique», avec ses temps forts, laissant de côté le détail du découpage.
Persona, qui met en scène l’actrice Elisabeth Vogler et son infirmière Alma qui la soigne pour une dépression nerveuse et cherche à la faire sortir du silence où elle s’est enfermée, Le lien, où nous voyons Karin prise entre son amant et sa vie conjugale, Cris et chuchotements où trois sœurs, dont l’une se meurt d’un cancer, sont réunies dans la maison familiale avec la servante Anna, figurent parmi les chefs-d’œuvre d’un art qui cristallise «le désir de briser l’isolement et la distance». Tensions, passions, affrontements, déchirures sont les hantises de Bergman, qu’il nous livre ici, avec un peu de lui-même, discrètement exprimé. Ainsi à propos du rouge des décors de Cris et chuchotements : «Ne me demandez pas pourquoi ce doit être ainsi», mais il ajoute que peut-être cette idée vient de très loin, de l’enfance, et que cette couleur a toujours représenté pour lui l’«intérieur de l’âme». Cinéma, écriture : deux moyens d’expression. Bergman a conscience que les mots ne pourront jamais rendre dans son intégralité ce qui se passe dans un film. «C’est pourquoi j’offre au lecteur un texte très sommaire, un cryptogramme qui, dans le meilleur des cas, touchera l’imagination et la réflexion de chacun.» Une telle modestie ne fait que souligner l’évidence de la réussite.

 

 

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